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Prise en charge des nouveaux fonctionnaires Quand le favoritisme s’en mêle !
30-06-06 00:32
Il y a: 8 yrs


AUTEUR : A. FOULAH DIALLO



Le gouvernement a certes fourni des efforts ces dernières années pour la création d’emplois pour les jeunes diplômés des institutions d’enseignement supérieur ou professionnel. Selon les statistiques du ministère de l’Emploi et de la Fonction publique, depuis 2000, plus de 8 000 jeunes en quête du premier emploi ont été recrutés en qualité de fonctionnaires. Cela, dans la perspective du rajeunissement des effectifs de la fonction publique guinéenne reconnue vieillissante.


Les mêmes statistiques indiquent l’emploi de plus 11 000 jeunes contractuels dans le secteur de l’éducation. On attend aussi les résultats des derniers concours de recrutement organisés au compte de plusieurs départements ministériels, tels que l’Information, la Sécurité, les Affaires étrangères, etc.

 

En plus de tous ces emplois, le ministère de la Fonction publique a innové à travers un autre mode de recrutement appelé « prix de l’excellence » ou recrutement des lauréats (les 10 premiers de chaque promotion). Alpha Ibrahima Keira a ainsi récompensé le mérite de tous ceux qui se sont distingués au terme de leur cycle d’études universitaires.

 

Cependant, en Guinée le recrutement au sein de la fonction publique n’est pas toujours synonyme de prise en charge financière immédiate. Nombreux sont encore les jeunes recrutés par le ministère de tutelle qui attendent leur prise en charge salariale par le département de l’Économie et des Finances. Là, le jeu se mène souvent sur fond de favoritisme ou transaction commerciale. Parce qu’il faut avoir un appui ou le bras long dans les rouages des finances ou soudoyer les agents chargés des dossiers de prise en charge pour enfin avoir droit à un salaire.

 

C’est la même pratique quand il s’agit de la titularisation des nouveaux agents après leur année de stage. Là également, une décision du conseil des ministres avait clairement indiqué que les nouveaux agents doivent faire une année de stage au bout de laquelle ils seront évalués, avec l’avis de leur chef de service, avant d’être titularisé. Malheureusement, là aussi les données ont été systématiquement faussées. Car les milliers de jeunes engagés entre 2002 et 2004 continuent d’exercer dans leur service d’affectation toujours en qualité de stagiaires.

 

Ce sont là des faits réels et déplorables qui passent inaperçus. Pourtant ils constituent des tâches noires dans la politique de création d’emplois initiée par le gouvernement au lendemain de la réélection du général Lansana Conté en décembre 1998. Cette situation doit trouver une issue favorable dans les meilleurs délais, car il s’agit de jeunes diplômés et de prestations non payées, c’est-à-dire d’une grande injustice sociale.

 

A. Foulah Diallo








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