|
Pourquoi l’opposition minimise les élections municipales ?
Pour la quatrième fois, les guinéens vont se rendre aux urnes pour choisir leurs représentants locaux (communaux et communautaires). Après de longues et difficiles discussions entre pouvoir et opposition, on peut remarquer que les démons du boycott ont été vaincus pour le moment et que tout le monde sera sur la ligne de départ.
Il est vrai que cela était devenu une coutume pour les partis de l’opposition de ne pas aller aux élections, quelles qu’elles soient. Et si les raisons d’agir ainsi ne leur manquaient pas, et que l’opinion publique (nationale et étrangère) leur donnait souvent raison ; le résultat n’a jamais été véritablement positif. En tout cas, cette politique de la chaise vide ne leur a jusqu'à présent pas profité. Et les analystes de dire que l’opposition guinéenne manque de clairvoyance.
Effet, les scrutins communaux et communautaires passés ont toujours été entièrement ‘’raflés’’ par le PUP et ces alliés ; de sorte qu’il n’y avait qu’eux dans tous les conseils communaux et ruraux. Et pourtant, il semble bien que cela a surtout été favorisé par le boycott systématique de l’opposition qui n’a jamais cru en la bonne foi du pouvoir qui organise les élections. Ces préalables qu’elle a toujours réclamés (commission électorale indépendante, la libéralisation des ondes, libre circulation des Leaders, etc.) n’ayant jamais été satisfaits en ces temps, elle a jugé opportun de ne pas présenter de liste aux élections. Cependant, pour bon nombre des guinéens, l’opposition aurait pu aller à ces élections et même les gagner dans certaines circonscriptions ; en prenant l’opinion à témoin. Mais il semble que les leaders de l’opposition minimisent les élections locales alors qu’elles pourraient leur servir de tremplin pour occuper peu à peu (et à la force du poignet) des espaces de pouvoir et de décision. Cela pourrait aussi les approcher davantage du peuple et les faire apprécier par celui-ci.
Imaginons un instant que le RPG présent Alpha Condé comme candidat à la Mairie de Kankan, Kouroussa ou Siguiri, ce Parti n’aurait – il pas toutes les chances de l’emporter devant n’importe quel adversaire ? De même, si Ba Mamadou était candidat à la mairie de Dinguiraye ou Pita ? Jean Marie Doré candidat à Lola ou N’Zérékoré ? Sidya Touré candidat dans une commune de Conakry ou à Boké ?
Il est évident qu’en prenant les grandes villes, es opposants auront de véritables bases politiques qui leur permettront de bien se positionner pour d’autres échéances. Mais il semble que les mairies constituent trop peu de choses aux yeux de ces leaders qui finalement donnent l’impression de ne vouloir que le pouvoir suprême : la présidence de la République.
Et pourtant, c’est souvent en partant de la base que l’on aboutit au sommet. L’opposition guinéenne aurait beaucoup gagné en temps si depuis ces années là elle avait investi ces espaces que sont les grandes villes.
Aujourd’hui, elle n’en serait pas à ce niveau. Et sa bonne gestion des villes l’aurait aidé à gagner d’autres scrutins.
Et aujourd’hui, elle décide d’aller aux élections communales et communautaires. Mais va – elle se donner tous les moyens pour les emporter ? Les leaders seront – ils candidats ? Rien ne le montre pour le moment. Et pourtant, l’occasion est belle d’aller à la conquête des grandes villes. Car ce »s élections seront suivies par de nombreux observateurs et les chances sont grandes qu’elles soient plus crédibles que les précédentes.
A.Foulah Diallo
|